Selon un rapport de Bloomberg publié cette semaine, la banque JP Morgan refuse toujours d’offrir des services financiers aux entreprises ayant des activités liées aux crypto-monnaies.
Le géant de Wall Street a même récemment fermé le compte de Kraken, l’une des plateformes d’échange de crypto-monnaies les plus importantes et les plus sécurisées au monde.
Le comportement singulier de la banque JP Morgan à l’égard des crypto-monnaies est ici à souligner : Le patron de la banque, Jamie Dimon, avait commencé par qualifier le Bitcoin de «fraude» l’année dernière, promettant de licencier tout employé surpris dans des activités de trading de crypto-monnaies.
Maintenant, la banque met donc également sur liste noire les startups de l’industrie des crypto-monnaies, et refuse de leur ouvrir des comptes bancaires.
On ne peut s’empêcher de mettre ce comportement en rapport avec l’annonce il y a quelques semaines par JP Morgan du lancement de sa propre crypto-monnaie, le JPM Coin…
En effet, pendant que son patron n’était pas avare de cryptiques envers les crypto, JP Morgan travaillait discrètement sur sa propre crypto-monnaie, le JPM Coin.
Les banques se sentent menacées par les crypto-monnaies
C’est un signe évident que Wall Street se sent menacée par des crypto-monnaies. Les banques font tout ce qui est en leur pouvoir pour ralentir la croissance de l’industrie, tout en s’appropriant tranquillement ses technologies révolutionnaires.
Il est également intéressant de souligner que les raisons avancées par JP Morgan pour son refus d’offrir des services bancaires aux start-ups crypto concernent le «blanchiment d’argent». Cela peut sembler plutôt hypocrite si l’on considère que JP Morgan a été condamnée à une amende de 1,6 million de dollars pour son incapacité à éliminer le blanchiment d’argent.
Plutôt que le blanchiment d’argent, le fait que beaucoup de banques traditionnelles refusent d’ouvrir des comptes aux entreprises liées aux crypto-monnaies repose sur deux facteurs :
Les complications réglementaires : D’après Sam Bankman-Fried, PDG d’Alameda Research, l’ouverture de comptes bancaires aux plateformes d’échange de crypto-monnaies constitue un « énorme casse-tête de conformité », ce qui implique des coûts supplémentaires.
La concurrence de l’industrie des crypto-monnaies : De plus en plus de banques et d’institutions financières se lancent dans les crypto-monnaies, et faciliter les opérations des start-ups de l’industrie des crypto-monnaies n’est tout simplement pas à leur avantage.
Le blanchiment d’argent : L’excuse toute faite des banques traditionnelles
Le rapport de Bloomberg cité plus haut révèle également que certaines des sociétés de blockchain les plus importantes et les mieux établies ont été inscrites sur la liste noire, notamment BitPay et Kraken.
BitPay a attiré plus de 70 millions de dollars d’investissements et traite plus de 3 milliards de dollars de transactions chaque mois. Kraken de son côté est l’une des plus importantes plateformes d’échange de crypto-monnaies de la planète.
L’ « excuse » liée au blanchiment d’argent perd de plus en plus de sa crédibilité, et elle semble surtout servir à cacher le fait que les banques se sentent tout simplement menacées par les crypto-monnaies.
Le Bitcoin et les autres crypto-monnaies offrent un système alternatif décentralisé. Ils ne peuvent être ni confisqués ni manipulés par les banques centrales et les gouvernements.
Sur le plan pratique, les transactions en crypto-monnaie sont également plus rapides et plus sécurisées que les systèmes traditionnels. La confiance dans les banques est en déclin et la confiance dans le bitcoin est en train de grandir.
Les banques peuvent-elles tuer les crypto-monnaies ?
Cependant, une fois que les banques se seront appropriés tous les avantages des crypto-monnaies, à l’exception du concept de décentralisation, ce seul avantage comparatif des « vraies » crypto-monnaies sera-t-il suffisant pour intéresser le grand public ?
Après tout, même si la confiance dans les banques est en déclin, les multiples affaires de piratages qui entachent chaque mois l’actualité des crypto-monnaies incitent encore moins à la confiance.
Les banques sont puissantes, et disposent de ressources colossales et pourraient finir par s’approprier le concept de crypto-monnaie, en s’occupant de l’introduire auprès de grand public, un exercice dans lequel le Bitcoin et les autres crypto-monnaies principales échouent, pour l’instant.
D’un autre côté, il est évident pour beaucoup d’économistes que le système financier actuel est un château de cartes, et si la finance traditionnelle s’écroule, les « vraies » crypto-monnaies décentralisées seront la meilleure alternative aux monnaies FIAT…